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Vous avez peur des ours?

Avez-vous peur des ours? Moi aussi et c’est très bien comme ça!

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Article de Sophie Legendre.

Oseriez-vous partir en randonnée et négliger la petite voix qui vous dit qu’il y a peut-être des ours dans cette forêt?  Moi, non.  C’est pourquoi le discours que j’entends depuis quelques temps sur la peur me dérange.  On voit de plus en plus de messages encourageant les gens à ne pas écouter leur peur. « Ne vous laissez pas arrêter par la peur » « Il faut faire face à nos peurs. ».  Je pense qu’on fait fausse route, en essayant de faire taire notre peur. Il faut au contraire l’écouter!

Voyez-vous, moi si je pars en randonnée dans une zone où il y a des animaux sauvages, je vais porter attention à la peur qui pourrait naître en moi, avant de partir et durant ma promenade.  Cela ne signifie pas que ma peur des ours va m’empêcher de faire le voyage, cela signifie que s’il y a effectivement du danger, je vais me préparer en conséquence.  Ignorer la peur ou vouloir la regarder en face, dans ce cas pourrait se révéler dangereux voire fatal.

N’importe quel artiste vous le dira.  Le jour où il n’y a pas de trac avant une représentation,  est celui où le risque de faire des erreurs est le plus grand.  La peur c’est cette petite voix intérieure qui nous dit qu’il y a peut-être un danger et je pense qu’on prend beaucoup de risques en ne prenant pas au minimum le temps de l’écouter.

L’erreur que l’on fait, c’est que l’on confond la peur avec les gestes que l’on pose parfois quand on a peur.  Si la peur vous fige et vous empêche de faire quoi que ce soit,  vous êtes plus à risque que si vous prenez le temps de bien écouter cette peur et de poser des gestes concrets.  De plus, la peur trop longtemps ignorée risque de réapparaitre sous forme de stress, ou pire encore, mener à la panique.  La peur d’avoir peur, est trop souvent notre pire ennemi.

Voici donc quelques conseils, pour la prochaine que vous sentirez la peur. Ne l’évitez pas, ne la négligez pas.  Au contraire, prenez le temps de bien la sentir et d’écouter ce qu’elle a à vous dire.

  • Fermez les yeux.  Portez attention à votre peur.
  • Prenez le temps de la nommer, osez dire « J’ai peur »
  • Portez attention à la peur dans votre corps.
    • Où la ressentez-vous ?
    • Est-ce un point de côté qui empêche de lancer votre corps dans toute sa longueur ?
    • Est-ce une boule dans votre gorge où restent prises ces phrases que vous n’osez dire ?
    • Est-ce une sensation dans vos jambes qui vous donne envie de fuir ou vous laisse figé sur place ?
  • Petit à petit une image devrait se former dans votre esprit, laissez-là entrer, sans résister.
  • Sentez la peur dans tout votre corps, et essayer le plus précisément possible de nommer votre peur.  De quoi avez-vous peur ?

Une fois que vous comprendrez mieux votre peur, réfléchissez à des gestes concrets que vous pourriez poser pour diminuer le risque que vous voyez. Ne vous demandez pas «Comment je peux cesser d’avoir peur ? » mais plutôt, «Comment je peux diminuer le danger que je perçois en continuant à faire ce dont j’ai envie».  De cette façon vous continuerez d’avancer dans la direction où vous voulez aller plutôt que tout arrêter pour éviter de ressentir la peur.

Il se peut que votre peur ne provienne pas d’un danger réel.  Peut-être avez-vous peur du succès,  peut-être ne croyez-vous pas méritez ce que vous vous apprêtez à recevoir, ou encore peut-être manquez-vous de confiance en vous.  Chacune de ses peurs méritent qu’on prenne le temps de s’y attarder de façon concrète, et non pas en évitant l’action qui les provoque.

N’oubliez pas que, peu importe que votre peur soit réelle ou imaginée, votre corps, lui,  ne fait pas la différence. Même si votre esprit venait à la conclusion que le danger n’est pas réel,  il se peut fort bien que l’adrénaline soit à son plus haut niveau dans votre corps.   N’oubliez pas de vous offrir une chance d’évacuer le stress accumulé.   Sortez courir, allez boxer, lavez la voiture, faites un exercice physique vigoureux qui donnera l’impression à votre corps que vous combattez l’ennemi ou fuyez devant le danger.

Dans tous les cas, soyez indulgent.  Pardonnez-vous cette peur réelle ou non.  Nous ressentons tous de la peur de temps à autre.  Apprenez à écouter la peur le plus tôt possible.  En effet, il est beaucoup plus facile de se préparer pour faire face aux ours avant même de partir en voyage, que de devoir réagir quand l’animal se trouve devant nous.

Si un jour , vous partez en direction de votre objectif, le cœur léger, l’œil alerte et que vous vous sentez présent et en focus, c’est probablement parce que vous avez pris la peine d’écouter votre peur et que vous vous sentez prêt à affronter même les ours les plus effrayants.

Sophie Legendre

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