4 obstacles à l’innovation qui paralysent les PME

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4 obstacles à l’innovation qui paralysent les PME 

Dans le monde d’aujourd’hui, chacun sait que seule l’innovation pourra garantir la pérennité de l’entreprise, encore faut-il que cette démarche soit encadrée pour correspondre aux besoins des clients et aux évolutions technologiques de l’industrie concernée.

Ces 4 obstacles à l'innovation se retrouvent de façon régulière dans toute forme d’entreprise, startup ou PME: la pression du quotidien et le manque de temps, la difficulté à articuler ou à communiquer une vision, le poids de la structure et l’imperméabilité des silos, et les peurs, pires ennemis de la créativité et de l’engagement. 

1- Le temps

Le temps, obstacle à l'innovation principal dans les PME

Crédit photo — Lukas Blazek/ Unsplash

La PME est une entreprise bien structurée, avec des départements identifiés en charge de différentes fonctions critiques pour l’entreprise comme la production, le marketing, les ressources humaines, le développement des ventes. Elle voit la pression sur le temps productif s’accroître.

En effet, les dirigeants sont tiraillés entre deux besoins contradictoires pour assurer la pérennité de leur entreprise: optimiser la gestion au quotidien et aller chercher des relais de croissance grâce à l’innovation. Or là encore, l’impératif de productivité, de rentabilité et de croissance impose à l’entrepreneur de dédier toutes ses ressources à la satisfaction des clients existants et la recherche de nouveaux clients.

Dégager du temps des collaborateurs pour leur permettre d’innover, c’est à dire de passer du temps potentiellement improductif, ou qui ne donnera pas de résultats concrets dans le court terme, est un risque financier que peu de PMEs sont capables de prendre sans mettre en danger l’entreprise au complet.

2- La vision

Communiquer sa vision d'innovation est souvent un obstacle pour les CEOs de PME

Crédit photo: Bart Anestin/Unplash

La vision, et la volonté d’innover, sont peut-être les ressources les plus faciles à mobiliser chez un chef d’entreprise, quelle que soit la taille de son affaire. Voici plusieurs obstacles auxquels même les mieux intentionnés des visionnaires se heurtent dans leur démarche.

L’incapacité à clarifier sa vision: le PDG d’une PME sait qu’il est impératif d’innover, les startups qui lui grignotent des parts de marché le lui rappellent sans cesse. Mais dans quelle direction, sur quels nouveaux marchés, auprès de quels nouveaux segments de clients, avec quels nouveaux produits ou services ? Etablir une vision claire peut effrayer et ralentir le processus de décision: choisir une direction c’est se fermer toutes les autres portes car elles n’ont pas toujours les ressources pour poursuivre plusieurs voies en parallèle. 

L’incapacité à communiquer sa vision: quand la vision est claire et établie, il s’agit de la communiquer. Si elle ne redescend pas à tous les échelons de l’entreprise, la déperdition d’énergie sera proportionnelle au niveau où la communication s’est arrêtée. Il m’est souvent arrivé de rencontrer des entreprises où la volonté d’innover était affichée, la vision était claire, mais on ne la retrouvait pas dans la réalité des métiers, car les employés ne comprenaient pas ce qui était attendu d’eux dans leur fonction. Si la vision n’est pas communiquée clairement, visuellement, et de façon adaptée aux différentes strates de l’entreprise, il y a de fortes chances que le projet ne rencontre pas autant de succès que ce que le patron a envisagé.

3- La structure

La structure d'une PME peut se révéler un obstacle à l'innovation

Crédit photo: Viktor Forgacs/unsplash

L’être humain est câblé pour cloisonner, faire entrer les informations dans des cases pour maîtriser l’environnement autour de lui et augmenter ses chances de survie. Dès qu’il s’installe dans son poste, le salarié “nidifie”, il crée une structure impalpable autour de lui pour se sentir en sécurité dans ce poste. Ces silos freinent la collaboration entre métiers, source majeure de détection d’insights et d’innovation.

Faire travailler ensemble des salariés habitués à opérer en silos et à garder jalousement le pré-carré de leurs responsabilités, est un enjeu de taille. J’ai très souvent constaté que les responsabilités d’un dysfonctionnement dans une entreprise sont attribuées "aux autres". Un lancement de produit n’atteint pas les objectifs ? Pour ceux qui l’ont développé, c’est la faute du marketing qui n’a rien compris au produit. Pour le marketing, c’est la faute des vendeurs, qui fixent des objectifs irréalistes pour avoir leur prime de sell-in. Pour la vente, c’est la faute des ingénieurs, qui n’ont aucun sens du client.

Par nature, ces métiers sont réticents à collaborer avec les autres, car ils comprennent mal leurs contraintes et leurs besoins. Or accéder à cette compréhension, à ce bassin de connaissances que chaque département a accumulé sur son métier, c’est justement là que se trouve la richesse d’une démarche d’innovation. Il est crucial de mettre en place des moments de rencontre où les silos tombent, même temporairement, pour mobiliser toute la richesse d’insight de chaque service et les mettre en commun pour en faire ressortir des voies d’innovation produit / service / processus, et générer de la valeur pour les clients de l’entreprise et pour ses salariés.

4- La peur

La peur paralyse les employés des PME dans leur capacité d'innovation

Crédit photo: Tim Gouw/unsplash

L’être humain doit toute sa vie lutter contre des peurs qui entravent sa pensée et son action, qu’il en ait conscience ou non. Il en va de même dans le cas de l’innovation, où la prise de risque et l’inconnu génèrent des peurs qui peuvent contrecarrer la recherche de nouvelles solutions.

La peur de l’échec: un puissant paralysant, probablement la plus répartie à travers les échelons hiérarchiques et les tailles d’entreprise. Pourtant, depuis plus de 10 ans, les penseurs du management moderne martèlent que l’échec est nécessaire à l’apprentissage dans une démarche d’innovation, qu’il devrait être célébré plutôt que réprimandé. Malgré toute cette littérature, combien sont les compagnies qui, de façon sincère, accueillent l’échec positivement, sans sanction ni perte de crédibilité pour celui/celle qui l’a expérimenté ? 

Il est grand temps de changer de paradigmes, et de vocabulaire aussi. En Lean Startup par exemple, le changement de direction stratégique que permet l’apprentissage par l’échec est appelé un pivot.

La peur des représailles: les sanctions peuvent être une conséquence directe de l’échec, ou d’un certain nombre d’échecs. Soyons clair: l’échec est constructif quand il offre une opportunité d’apprentissage et éloigne l’entreprise d’une voie qui lui aurait fait perdre du temps et de l’argent si elle l’avait poursuivie trop longtemps. Je n’intègre pas dans cette définition l’échec dû au manque de professionnalisme ou à la répétition de la même erreur, mais les sanctions sont malheureusement souvent les mêmes. Nombre d’entreprises, ayant lu les livres sur le management 2.0, ont écrit sur leurs murs: “ici, nous célébrons l’échec”, “ici, nous encourageons la prise de risque”. La réalité est souvent bien différente: évaluations annuelles sévères, perte de primes/bonus, rétrogradation hiérarchiques, changement d’équipes… Le porteur du risque devient vite un mouton noir, et sa réputation le suit dans l’entreprise. 

La peur de l’image: la perte de réputation en interne peut rapidement se diffuser dans les écosystèmes dans lesquels gravite l’entreprise: écosystème de startups, d’industries, de métiers, de recruteurs, bref l’employé qui prend des risques répétés (au bénéfice de son employeur, rappelons-le) peut rapidement passer sur une liste noire tacite et perdre rapidement ses chances de trouver un autre emploi valorisant. Souvent, il va soit regretter d’avoir pris autant de risques et décider de ne plus en prendre, de suivre sa description de poste à la lettre, ou quitter l’entreprise et se lancer dans l’aventure startup, où il devra rester vigilant à ne pas tomber dans l’un des obstacles identifiés.

L’entreprise est une organisation humaine, et quelle que soit sa taille, elle se heurte dans son projet d’innovation, à des obstacles communs: la pression du quotidien et le manque de temps, la difficulté à articuler ou à communiquer une vision déclinable par tous, le poids de la structure et l’imperméabilité des silos, et les peurs, pires ennemis de la créativité et de l’engagement. Il en existe beaucoup d’autres, qu’entrepreneurs et intrapreneurs doivent déraciner un à un pour inventer demain.

Il existe de nombreuses solutions pour aider les entreprises à intégrer des processus et une culture d’innovation mais cette démarche demande de la discipline, de la détermination et du courage, car les entreprises qui s’y lancent rencontrent de la résistance sur le chemin.

Isabelle Mallet - Agent Disruptive Agent - Innovation

Isabelle Mallet

Conseil en innovation 

http://disruptiveagent.strikingly.com

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